BPA : l’Afssa ne tire pas les conséquences qui s’imposent

En 2008 les experts de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments concluent, sur la base des données scientifiques disponibles à l’époque, que le BPA ou Bisphenol A ne présente pas de danger particulier pour le consommateur. Le BPA est une substance chimique présente dans tous les plastiques alimentaires et notamment dans les biberons de nos enfants. C’est en chauffant qu’il peut-être libéré dans les aliments que nous consommons.

Pour ses détracteurs, en premier lieu le Réseau Environnement Santé , cette substance chimique est suspectée d’être impliquée dans de nombreuses affections telles que : problèmes de reproduction, obésité, cancers du sein et de la prostate, diabète, dysfonctionnements thyroïdiens et problèmes d’attention chez les enfants. Pire encore.. certains experts indiquent que l’exposition en bas âge pourrait augmenter une prédisposition aux cancers en affectant la programmation génétique du développement des individus.

Depuis d’autres études ont été publiées provoquant l’inquiétude des consommateurs mais aussi de la Food and Drug Administration (FDA) concernant les effets « supposés » du BPA sur les fœtus, les nourrissons et les jeunes enfants.

Aujourd’hui l’Afssa , qui se base sur de nouvelles études et publications scientifiques internationales sur le sujet, évoque à demi-mots des signaux d’alerte observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie chez de jeunes rats. Toutefois l’Agence précise que la méthodologie de ces études ne permet pas d’interprétation formelle des données qui remettrait en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire.

Ces quelques signaux amènent toutefois l’Agence à poursuivre son travail d’expertise. En attendant l’Afssa recommande aux consommateurs d’éviter dechauffer à très forte température l’aliment (eau, lait, soupes…) s’ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate.

Parmi les réactions celle du Réseau Environnement Santé qui dénonce, via un communiqué, l’attitude de l’Afssa qui, malgré ces signaux d’alerte, ne tire pas les conséquences qui s’imposent. Le RES parle d’urgence et demande à l’Agence ne pas attendre les résultats de futures études « Il y a urence, car le problème principal est la contamination du fœtus par sa mère et cette contamination est principalement d’origine alimentaire : boîtes de conserve, canettes de boisson, films alimentaires, récipients, bouteilles d’eau et matériel électroménager en polycarbonate…..

Autre réaction celle de Cécile Duflot, Secrétaire nationale des Verts, qui demande l’interdiction pure et simple du BPA dans les biberons.

Antoine Di Amarada
Antoine Di Amarada est un chercheur spécialisé en biologie moléculaire. Basé à Montpellier, il s’investit dans la valorisation de la recherche scientifique appliquée aux produits de santé. Contact : antoinediamarada@actualites-sante.com

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